Lamballe. À la librairie, François voit « les yeux des lecteurs sourire » malgré le masque

Article du Ouest-France de Soizic QUÉRO.Publié le 19/07/2020
Une journée avec… le libraire François Guéguen, 34 ans, qui tient La Cédille depuis 2014, à Lamballe (Côtes-d’Armor). Dans une ville moyenne, « nous avons un rôle de proximité, un peu comme un libraire de quartier ». Tranche de vie saisie entre deux pages.
Des luminaires avec des livres suspendus, des rayons remplis d’ouvrages, un espace jeux au fond, le tout dans une ambiance cosy. Il suffit de pousser la porte de la librairie La Cédille, sur la place du Marché, à Lamballe (Côtes-d’Armor), pour découvrir cet univers rafraîchi durant le confinement. « Vous avez agrandi ? », questionnent certains clients.
Déjà six ans que le Lamballais François Guéguen, 34 ans, a monté sa libraire généraliste indépendante. Il travaille avec sa mère, Armelle, et une salariée, Béatrice. « Nous sommes des libraires de proximité, un peu comme dans un quartier », résume le grand fan de BD, au look de hipster.
Le confinement a changé les habitudes
Le libraire vient à moto au boulot, cinq jours et demi par semaine. Depuis le confinement, les choses ont un peu changé dans son quotidien de professionnel du livre. « Avant, le répondeur du téléphone clignotait. Il y avait des messages vocaux. Maintenant, on reçoit beaucoup de demandes par mail ou par Facebook. C’est un peu plus speed quand on arrive, à 9 h. Il faut prendre le temps de les traiter. »
En général, la première heure d’ouverture est « calme ». Entre les flux des livraisons, « trois à quatre fois par semaine », l’accueil, les conseils à donner aux clients et la caisse, il faut jongler. Pauline, jeune libraire, donne un coup de main pour l’été.
« J’apprécie d’être conseillé »
En ce début d’après-midi, ça va et vient dans les allées. Pierre attend qu’un polar soit emballé pour l’offrir. « D’habitude, on dispose de plus de temps pour réceptionner les livres. En ce moment, les gens sont demandeurs de renseignements. Ils veulent quelque chose qui ne soit pas prise de tête, du joyeux, de la légèreté… Les témoignages de confinés ou les livres sur le Covid-19, ça ne marche pas tellement », se rend compte le libraire.
« Je suis un client occasionnel. J’ai des attaches familiales dans le secteur. J’apprécie d’être conseillé, confie Pierre. C’est l’occasion de faire des découvertes. »
« Le livre a retrouvé sa popularité »
Les grosses nouveautés se sont arrachées depuis le déconfinement : « Joël Dicker, Guillaume Musso, Franck Thilliez, Bernard Minier… », cite François Guéguen. Mi-juin, le rythme est devenu plus serein. « Le panier moyen reste élevé. On accueille de nouveaux clients. » Nouvelle vague de cartes de fidélité. « Certains nous ont découverts pendant le confinement. Le livre a retrouvé sa popularité. » Les libraires ont vendu les ouvrages en stock par voie postale. Un besoin d’évasion vital pour dépasser un enfermement subi.
Aujourd’hui, la majorité des clients sont masqués. Malgré cela, « on voit les yeux des lecteurs sourire. Ils manipulent les livres le moins possible. On est davantage sollicité ».
L’activité confinée, c’est « à peine 20 % du chiffre d’affaires habituel ». Depuis 2014, « nous sommes en progression ». Le rêve de « pousser les murs » ne demande qu’à s’écrire.

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