Commerce à Lamballe : « Pour s’en sortir tous, on se doit d’être agiles »

Article Le Télégramme/Nicolas Salles Publié le 16 Novembre 2020
Nous avions rencontré les petits commerçants, vendredi, installés pour quinze jours au milieu des grandes surfaces. Ce samedi, c’était au tour des deux directeurs de GSM impliquées de préciser leur démarche.

Ils se tiennent un peu en retrait. On est « chez » l’un d’eux, mais ils ne sont pas là pour voler la vedette. « Ces deux Boutiques solidaires, c’est une évidence. Les commerçants de centre-ville avaient besoin de ça. Fermer, c’est un crève-cœur. Perdant pour tout le monde. Y compris pour nous », assure pourtant Jean Ganot, le directeur général de l’Intermarché de Lamballe, au Chalet. Ce samedi, c’était l’heure de l’inauguration « officielle ».
Nicolas Dezé, son homologue du Carrefour Market, acquiesce. Sans en rajouter. Son magasin aussi est membre des Vitrines de Lamballe. Il en est le coprésident. Et il n’est pas étranger à la genèse de l’initiative… « C’est le côté positif des associations. On est là les uns pour les autres ».
En concurrence, certes, mais saine et certainement pas à n’importe quel prix. « Il y a des équilibres à respecter, pour que tout le monde fonctionne au mieux », lance de son côté Thierry Royer, aujourd’hui élu mais qui fut longtemps le président des Vitrines.

Pas les vases communicants

« Sans le petit commerce, on ne sait pas vivre », avance encore Jean Ganot. Lequel insiste sur la complémentarité entre les deux prétendus modèles. Qui n’en feraient donc in fine qu’un seul, plus global : celui du commerce dans les « villes à taille humaine ». Une affirmation illustrée par des chiffres : « Au moment du premier confinement, se souvient le directeur de l’Intermarché, nous tournions au ralenti. On a retrouvé notre rythme exactement quand les petits commerces ont été autorisés à rouvrir ».
Pas de vases communicants entre les deux secteurs, donc ? « C’est bien plus complexe que cela », confirme Nicolas Dezé. Et pas uniquement propre au modèle lamballais, à entendre Jean Ganot, qui possède aussi celui de Taden, aux portes de Dinan. Et qui se base donc sur deux exemples… totalement concordants.

Agilité de tous les instants

Reste que la Boutique solidaire des Vitrines illustre aussi la tendance qui doit prévaloir, en pareilles circonstances. Celle d’une nécessité de remise en question permanente des usages. Et d’une agilité de tous les instants. « Ça a été assez rapide à monter, en fait, rembobine David Dossal, salarié des Vitrines. Ce qui nous a pris le plus de temps, ça aura été de nous assurer de la légalité de l’opération ».

Nous n’avons pas vu ça ailleurs non plus.

Ce qui donne aujourd’hui le résultat observé à Lamballe. Une première en France, à notre connaissance. « Nous n’avons pas vu ça ailleurs non plus », assurent les commerçants. Ravis donc, tout comme les élus, Philippe Hercouët en tête. Les clients, qui ne s’en cachent pas. Jusqu’aux employés de la grande surface, sur la même longueur d’onde…

Photographie: ​Jean Ganot, directeur général de l’Intermarché, et Nicolas Dezé, directeur du Carrefour Market. (Le Télégramme/Nicolas Salles)

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